Combien de sociétés détenez-vous directement, seul ou avec des associés ?
Une holding, c'est une société qui détient vos autres sociétés, pour regrouper, réinvestir, acquérir, céder ou transmettre. Neuf questions simples, une réponse en trois niveaux, et elle peut être non : répondez sur ce qui est établi, pas sur ce que vous envisagez.
Comptez les sociétés dont vous détenez directement des parts ou des actions, seul ou avec d'autres. Exemple : une société d'exploitation et une SCI qui porte ses murs font deux sociétés.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une holding, concrètement ?
Une société qui détient les parts ou les actions de vos autres sociétés : c'est tout, et c'est beaucoup. Elle permet de regrouper plusieurs sociétés sous un même toit, de laisser remonter des bénéfices sans les sortir vers vous, de financer l'acquisition d'une autre société avec ces bénéfices, de préparer une cession en apportant les titres avant de les vendre, ou d'organiser une transmission à vos enfants, à des salariés ou à un associé. Elle ne fait rien de plus : si aucun de ces usages n'est le vôtre, elle n'a pas de raison d'exister.
Comment jugez-vous que la structure est pertinente, à étudier ou peu pertinente ?
Six critères comptent, chacun selon son poids : le nombre de sociétés que vous détenez, le besoin de décider seul face à vos associés, les bénéfices que vous n'avez pas besoin de percevoir, la trésorerie à placer hors de l'exploitation, un projet de cession, une transmission à préparer. Deux réalités retirent ensuite des points : la part des bénéfices que vous devez récupérer pour vivre, et le cas où l'impôt reporté ne couvrirait même pas le coût de fonctionnement de la structure. Le niveau qui en sort (pertinente, à étudier, peu pertinente) est une appréciation du cabinet, annoncée comme telle : ce ne sont ni des barèmes ni des seuils réglementaires, et un dirigeant seul ne peut pas atteindre le maximum, le critère des associés ne jouant simplement pas chez lui.
Le régime mère-fille fait-il vraiment passer l'impôt de 31,4 % à 1,25 % ?
Sur la remontée elle-même, oui, sous conditions, et ce n'est pas un avantage automatique. Les dividendes reçus par une société mère de sa filiale sont exonérés d'impôt sur les sociétés, sous réserve d'une quote-part de frais et charges de 5 % réintégrée au résultat (CGI art. 145 et 216) : cette quote-part supporte l'IS à 25 %, soit 1,25 % effectif. Cela suppose de détenir au moins 5 % du capital de la filiale, et de conserver ces titres deux ans. Un million d'euros remontés coûtent ainsi 12 500 €, là où le même million distribué directement supporterait 314 000 € de prélèvement forfaitaire. Mais les deux sommes ne sont pas au même endroit : l'une est dans une société, l'autre est sur votre compte, et c'est la question suivante.
Alors où est le piège de ce 1,25 % ?
Il n'y a pas de piège, il y a un malentendu : ce n'est pas une exonération, c'est un REPORT. Tant que l'argent reste dans la holding et y travaille, le report vaut de l'or. Le jour où vous le sortez pour votre patrimoine privé, il supporte le prélèvement forfaitaire de 31,4 %, comme n'importe quel dividende. Sur un million remonté, 987 500 € arrivent dans la holding, et il vous en reste 677 425 € une fois sortis, contre 686 000 € si vous vous étiez versé le million directement. Le détour vous aura coûté 8 575 €. Une holding n'a donc de sens que si vous n'avez pas besoin de cet argent : c'est précisément ce que mesure la question sur votre train de vie, et c'est la retenue de points la plus lourde du questionnaire.
Que coûte réellement une holding, chaque année ?
Un coût permanent, et une complication permanente. Comptabilité et dépôt des comptes d'une entité supplémentaire, juridique annuel, déclarations fiscales, honoraires de suivi : nous retenons un ordre de grandeur de 3 500 € par an pour une holding patrimoniale simple, et 6 000 € de constitution, l'un et l'autre hors montage d'apport. Ce ne sont pas des tarifs, ce sont des repères d'appréciation du cabinet. Mais le vrai coût n'est pas là : il est dans la sortie. Deux étages à liquider au lieu d'un, deux assemblées, deux comptabilités, un actif de moins détenu en direct. Une holding n'est jamais justifiée par la seule fiscalité : si le questionnaire ne relève chez vous ni sociétés multiples, ni projet, ni trésorerie à placer, la réponse est non, et nous la donnons franchement.
Que contient le rapport que vous adressez ?
Le niveau de pertinence et ce qui le fonde chez vous, vos raisons favorables et vos points de vigilance en toutes lettres, le chiffrage de votre remontée annuelle (impôt reporté au régime mère-fille, puis sortie vers votre patrimoine privé et coût du détour dans votre configuration exacte), les conditions du régime que votre groupe devra remplir, et les pistes de structuration à étudier selon votre motif : apport-cession et son calendrier, pacte Dutreil, rachat par des salariés ou un associé. S'y ajoutent les angles que ce chiffrage ne couvre pas : holding animatrice et son risque de requalification, impôt sur la fortune immobilière, droits d'enregistrement d'apport, contribution sur les hauts revenus, option pour le barème et CSG déductible. Elle est établie à titre pédagogique et ne constitue pas un conseil personnalisé.
